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Marine Le Pen: une chance ou une menace pour l’Afrique?

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Créditée d’un peu plus de 23% des suffrages lors du premier tour de la présidentielle française, Marine Le Pen affronte Emmanuel Macron le 24 avril prochain dans un duel qui s’annonce très serré. Si elle parvenait à briguer la magistrature suprême, la candidate du Rassemblement national serait-elle une opportunité ou une menace pour l’Afrique?

Un remake de 2017

Comme un cheveu sur la soupe, Éric Zemmour est venu tout chambouler dans le paysage politique français. Avec une rhétorique portant essentiellement sur l’identité, la civilisation, l’immigration, le candidat de ‘Reconquête’ a réussi à imposer aux autres candidats des thèmes de campagne qui rompent avec les éternelles questions de chômage, de l’emploi, du pouvoir d’achat etc.

L’ancien polémiste a pendant longtemps occupé la tête dans les sondages devant Marine Le Pen qui a quelque peu “normalisé” son discours. Mais les fruits de l’élection du 10 avril n’ont pas tenu la promesse des fleurs qui allaient dans l’avantage d’Éric Zemmour.

Comme en 2017, Marine Le Pen et Emmanuel Macron s’affronteront au second tour. Et le débat d’entre-deux-tours s’annonce très houleux. Le président sortant ne manquant pas d’occasion pour tancer son adversaire dont il avait dit en 2017 que ses propositions étaient de “la poudre de Perlimpinpin” et qu’il accuse cette fois de raconter des “carabistouilles”.

Un Le Pen bashing devenu un culte

Si les sondages et surtout les médias faisaient une élection, Marine Le Pen serait probablement loin derrière des candidats comme Anne Hidalgo à qui l’on attribue à tort ou à raison les vertus de l’universalisme et du progressisme. Mais voilà que les “idées patriotes”  sont proches du but final comme en 2017. “Mais ce n’est pas assez aux yeux de certains, qui trouvent la candidate du Rassemblement national “trop à gauche”, pas assez “à droite”, ou le contraire”, écrivait en 2021 le journaliste et écrivain Nicolas Gauthier.

Et comme s’ils étaient incapables de déconstruire la rhétorique de la candidate du RN qui a su se métamorphoser au gré des circonstances, ses adversaires – politiques et médiatiques – trouvent toujours le moyen de la clouer au piloris sur la place publique. Tous sauf Marine Le Pen, l’idée fait son petit bonhomme de chemin.  

Les élites médiatiques et intellectuelles n’hésitent pas à rappeler les années sombres de l’extrême droite pour dissuader les déçus de la politique d’Emmanuel Macron qui voudraient bien tenter autre chose. L’appel de la présidente de l’université de Nantes à “faire barrage” à Marine Le Pen l’illustre parfaitement.

Pour autant, une possible arrivée de Marine Le Pen à l’Élysée sonne-t-elle le début de “l’apocalypse” que promettent ses détracteurs? Du moins, vu de l’Afrique?

Le programme de Le Pen pour l’Afrique

Comme en 2017, le programme de la candidate du RN n’a pas changé. Immigration, aide au développement, bases militaires françaises en Afrique, Marine Le Pen garde une certaine constance. “Le défi est moins d’empêcher les migrants d’arriver en Europe que de leur permettre de ne pas avoir à partir de chez eux !”, confiait-elle en 2017 au journal Le Monde.

Elle mise donc sur l’aide au développement pour permettre aux Africains de bien vivre dans leurs pays plutôt que de se donner à la mer, attirés par un monde meilleur que l’Occident leur fait miroiter.

« Les Français doivent comprendre que cet effort, autour de 16 milliards d’euros par an, en contribuant à la sécurité et à la prospérité des Africains, constitue le seul rempart efficace contre les menaces que sont les migrations massives et le terrorisme, et un gage de prospérité partagée à long terme », soutient-elle.

Et d’ajouter: « A l’opposé du saupoudrage actuel et des questions à la mode, l’aide répondra aux besoins concrets des populations les plus fragiles, notamment les femmes, en priorité au Sahel : sécurité, éducation, agriculture ».

Dans un contexte où la présence militaire française en Afrique est de plus en plus décriée, la candidate RN estime que “l’armée française n’est plus là pour protéger des régimes mais pour appuyer les armées locales dans leur lutte contre le terrorisme, les former et les aider à intervenir en cas de crise chez un voisin”.

« La France pas d’amis, elle n’a que des intérêts »

« La France pas d’amis, elle n’a que des intérêts », le Général Charles de Gaule ne pouvait pas dire mieux. Il ne peut en être autrement dans les relations qui lient les États. Entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, aucun ne construira l’Afrique à la place des Africains. Mais la première a le mérite de dévoiler le fond de sa pensée en proposant aux Africains un partenariat gagnant-gagnant basé sur le respect mutuel. Contrairement aux adeptes des discours melliflus qui, dans la réalité, prennent l’Africain de haut.

Au demeurant, la France n’est pas une dictature, c’est une vielle démocratie avec des institutions fortes et indépendantes. Imaginer donc Marine Le Pen comme une monarque présidentielle qui viendrait changer complètement l’ordre établi relève soit d’une méprise totale du fonctionnement de la démocratie, soit d’une arnaque politique d’une élite qui tente de lui coller l’héritage politique du Front national dont elle essaie tant bien que mal, au fil des ans, de se débarrasser tant dans le fond que dans la forme.




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