Algérie: quand l’euphorie de la CAN fait place au mouvement de protestation

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Du foot d’accord mais le mieux-être d’abord. Après la qualification jeudi, des Fennecs pour les demi-finales de la CAN, plusieurs milliers d’Algériens sont redescendus dans la rue ce vendredi 12 juillet pour la 21e semaine consécutive de mobilisation.

Plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre-ville d’Alger mais aussi dans les autres grandes villes du pays, informe RFI.

Dans la capitale, rapporte la radio mondiale, le dispositif policier était très important. Les forces de l’ordre ont procédé à plusieurs interpellations et confisqué des banderoles.

De l’huile de moteur a également été versée sur des murets, des rambardes et des poteaux pour empêcher les manifestants d’y grimper.

Les slogans ont répondu aux déclarations faites par le chef d’état-major cette semaine. Ahmed Gaïd Salah s’était montré menaçant, critiquant les porteurs de drapeaux berbères, ceux qui les décrivaient comme des prisonniers d’opinion ou encore ceux qui scandaient « Etat civil, pas militaire ». Ce vendredi, c’est ce slogan qui a été le plus chanté dans les rues d’Alger, avec d’autres variantes, telles que : « Ici, c’est une République, pas une caserne ».

On a aussi entendu « Libérez nos enfants ». Plus d’une soixantaine de personnes sont toujours en détention à Alger pour avoir notamment brandi un drapeau berbère. Les audiences de cette semaine ont confirmé leur détention préventive en attendant un éventuel procès.

Comme depuis le début du mouvement de protestation, c’est dans les chants des supporters de football qu’il faut chercher la tonalité. Eux aussi avaient un message au chef d’état-major. « Vous n’allez pas nous distraire avec le football, c’est la liberté que nous voulons », disait-il en substance.

RFI