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Cameroun : des entreprises forestières craignent la faillite

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A quelques mois de la date d’entrée en exécution de l’interdiction de l’exportation des grumes qui prend effet en janvier 2023, les professionnels du secteur forestier se disent inquiets des répercussions que pourrait avoir cette mesure.

Sauf changement de dernière minute, la mesure interdisant l’exportation des grumes du Cameroun entre en vigueur le 1er janvier 2023, selon les informations officielles. Seulement ce n’est pas la sérénité du coté des entreprises  camerounaises qui exploitent le bois. Plusieurs chefs d’entreprises ne veulent pas que cette date arrive, en raison du fait que cette mesure pourrait avoir des conséquences économiques graves sur les entreprises. « Nous ne pouvons pas être serein à quelques jours de la date butoir pour la fin des exportations des grumes. Nous sommes des entreprises et l’objectif c’est de se faire de l’argent. Si des mesures doivent être prises, c’est dans l’idée de nous aider entre autres à accroitre les revenus. La nouvelle mesure qui entre en vigueur en janvier est plutôt inquiétante.  En effet, l’exportation des bois en grumes permet un circuit de commercialisation court. Il se passe peu de temps entre l’abattage des arbres sur pieds et l’exportation des grumes. Elles sont donc facturées et payées rapidement ce qui allège d’autant la trésorerie des entreprises forestières. Comme révélé plus haut par une enquête menée auprès de certaines entreprises forestières membres du GFBC, le délai entre l’exploitation et le paiement de la commande des grumes est relativement court environ 02 à 03 mois. A l’inverse, il faudra  attendre parfois 8 mois entre l’abattage, la facturation et le règlement des produits bois transformés, notamment pour ceux dont le processus de fabrication nécessite une longue période de ressuyage puis de séchage. Vous voyez donc que ce processus va directement nous pousser à la faillite. Il y a d’abord un lourd investissement à réaliser, et vu le taux d’intérêts pratiqués par les banques et du retard accusé généralement dans le remboursement des crédits de TVA, on ne pourra pas s’en sortir », déplore Dzou Symphorien,  exploitant forestier dans le Nyong et So’o, près de Mbalmayo dans la région du Centre.

Ce manque de sérénité est également partagé par Ali Ben Youssouf, directeur général de Camerwood LTD, une entreprise forestière qui exploite le bois à Djoum dans la région du Sud. «  Cette mesure risque de nous créer des problèmes, puisqu’en venant s’installer nous avons pris des engagements de donner du travail aux jeunes de la localité. Mais avec l’entrée en vigueur de cette mesure, la première conséquence sera la réduction d’au moins 20% à 40% du personnel de chantier intervenant directement sur la production et la préparation des grumes destinées à être exportées. Je crains aussi personnellement les impacts que cette mesure aura sur les populations qui se servent des camions pour évacuer leurs productions agricoles. Le trafic des camions sera réduit à coup sur. Ce qui pourra davantage attirer l’attention sur les exploitants forestiers », explique-t-il.

Selon l’Etat camerounais, le fait d’interdire l’exportation des grumes permettra d’accélérer la transformation locale du bois, tout en créant des emplois.

Essama Aloubou




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