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Cameroun: les vérités de Titus Edzoa, un ancien bras droit de Paul Biya

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Dans une interview accordée à Radio France Internationale, l’ancien secrétaire général de la présidence de la République du Cameroun et ancien prisonnier politique, Titus Edoa, dénonce une « incinération des institutions républicaines ».

Le professeur Titus Edzoa, ancien secrétaire général de la présidence de la République et ancien prisonnier politique, n’accorde plus ses violons avec le pouvoir de Paul Biya, le président de la République du Cameroun. Dans une interview accordée à Radio France Internationale, l’ancien candidat à l’élection présidentielle n’y va pas par quatre chemins pour parler du régime qu’il a servi.

De la crise anglophone 

Au sujet de la crise anglophone qui sévit depuis 2016 au Cameroun et qui a déjà fait près de 5000 morts, Titus Edzoa pense que « cette guerre entraine une misère effroyable. On a l’impression que plus passe le temps, plus ceux qui nous gouvernent trouve cette guerre est normale. Ils ont privatisé la guerre et cette privatisation donne droit à la démocratisation de la mort et on vit comme si la guerre était normale ». 

Evoquant les causes de cette guerre que se livre l’armée et les séparatistes, l’auteur du livre Méditations de Prison explique que l’Etat fédéral a duré pendant 11 ans et les lourdeurs administratives et politiques ont fait que les hautes instances politiques ont transformé l’Etat fédéral en République unie. « Aujourd’hui après un décret malheureux du 4 février 1984, qui a supprimé la notion de « uni » sur le nom du Cameroun, c’est-à-dire que la République unie du Cameroun est devenue « République du Cameroun ». Ceci a ébranlé la cohésion apparente qui existait. A cela il faut ajouter le comportement du pouvoir en place qui ne partage pas le pouvoir. Si vous tenez compte de ce partage on s’aperçoit que le président de la République est francophone, ainsi que les  5 autres personnalités (président du Senat, président de l’Assemblée nationale, président de la Cour constitutionnelle, président du Conseil économique et Social, ndlr) qui le suivent sont francophones. Le premier ministre qui est anglophone ne vient qu’à la 7e position. Cette disparité a pensé que les anglophones sont des Camerounais de seconde zone », a déclaré le médecin avant d’ajouter que le fédéralisme n’est pas une solution pour le Cameroun.

Des prisonniers politiques et du bilan de Paul Biya

Titus Edzoa est également revenu sur l’affaire des opposants emprisonnés. Selon lui,  « c’est honteux, ça donne des nausées …. Rien n’a changé en terme de démocratie et c’est regrettable. »

Au sujet du bilan de Paul Biya, Titus Edzoa pense que « que l’affadissement des institutions républicaines s’est transformée en  véritable incinération. La structure de l’Etat n’existe plus. L’Etat a perdu sa fonction de protecteur et de sécurité, et on ne sait plus à quel saint se vouer. En plus de cela, la société est corrompue. Une corruption qui est comme organisée, donc tétanisé ». 

La guerre de succession

Parlant de succession, l’ancien prisonnier du Secrétariat d’Etat à la Défense, une unité spécialisée de la Gendarmerie camerounaise, trouve que « ceux qui ont gouverné ont utilisé une violence inouïe et la violence ne peuvent que produire la violence ».  

Pour rappel, alors qu’il était secrétaire général  présidence de la République, Titus Edzoa décide de démissionner pour se porter candidat à l’élection présidentielle de 1997, il  est finalement arrêté le « 03 juillet 1997 et un mandat de dépôt est délivré contre lui. Titus Edzoa est accusé de détournement de derniers publics. Condamné, il  passera les 17 années suivantes en prison avant d’être libéré le 24 février 2014 à la faveur d’une grâce présidentielle.

Essama Aloubou




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