Guerre de la RDC contre Ebola : ce que cache la démission du ministre de la Santé…

Partagez ceci :

C’est par une lettre adressée au chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, que le désormais ex ministre de la Santé Oly Ilunga a annoncé sa démission lundi 22 juillet 2019 alors que la République Démocratique du Congo livre une bataille sans merci à l’épidémie d’Ebola.

« Comme dans toute guerre, car c’est bien de cela dont il s’agit (…), il ne peut y avoir plusieurs centres de décision, au risque de créer des confusions », écrivait Oly Ilunga pour dénoncer l’ingérence de l’Etat dans une affaire qui concerne le ministère de la Santé, qu’il dirigeait depuis décembre 2016.

« Je ne conteste pas la décision du chef de l’Etat. J’en tire simplement les conclusions logiques. Sans me consulter, sans tenir compte de la sensibilité du secteur de la santé que j’ai dirigé, la présidence de la République a décidé de confier la gestion de cette crise à un groupe de personnes. Ce qui pose un problème de confiance et comporte un risque énorme d’interférence et de cacophonie dans la lutte contre Ebola. Je ne suis pas prêt à prendre ce risque et j’ai préféré me retirer », explique-t-il au micro de Joan Tilouine dans un entretien accordé au Monde.

Pour l’ancien ministre, « Un consortium opaque s’est constitué et un lobby malveillant a tenté par tous les moyens d’imposer, en RDC, le vaccin expérimental du fabricant pharmaceutique Johnson & Johnson. A l’issue de plusieurs réunions, dont les dernières datent du 28 juin et 29 juin, nous sommes arrivés à la conclusion que ce vaccin n’est pas approprié pour arrêter l’épidémie en cours. Il n’est qu’en phase 2 de test et nécessite deux injections administrées à 56 jours d’intervalle. Toutefois, à notre insu, des personnes ont tenté d’introduire illégalement ce vaccin et ont formé des vaccinateurs, comme nous l’ont rapporté des acteurs de terrain ».

Toujours dans l’entretien accordé au Monde, l’ex ministre Oly Ilunga a onfié ne pas pouvoir « assurer avec certitude que ces vaccins ont bel et bien été dépêchés sur le territoire congolais. Mais j’ai la preuve que tous les préparatifs au niveau de l’administration du vaccin de Johnson & Johnson ont été mis au point, que des lieux ont été retenus pour démarrer les vaccinations, dans le dos des autorités congolaises ».

Notons que la démission du ministre Oly Ilunga survient moins d’une semaine après que l’OMS ait déclaré ce nouvel épisode épidémique d’Ebola comme une « urgence sanitaire mondiale ».

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *