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Insécurité dans le Sahel: Des ONG proposent de revoir “le tout militaire”

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Face à la situation d’insécurité qui prévaut dans le Sahel, une cinquantaine d’ONG sahéliennes et internationales ont publié mardi un rapport dans lequel elles proposent des pistes de sortie de crise.

« Sahel : Ce qui doit changer – Pour une nouvelle approche centrée sur les besoins des populations », c’est l’intitulé de ce rapport dans lequel l’alliance d’ONG propose une réorientation radicale de la stratégie actuelle basée sur le tout militaire. Selon ces ONG, plus de 2.400 personnes ont été tuées en 2020, avec une augmentation de 60 % des personnes qui ont besoin d’aide humanitaire, malgré les solutions militaires qui sont expérimentées ces dix dernières années.

Dans une interview à Deutsche Welle, le président du réseau panafricain pour la paix, la démocratie et le développement basé au Niger (REPPAD) a estimé que le tout militaire a créé plus de problèmes qu’il n’a apporté de solutions.

La réponse du tout militaire mise en place n’empêche pas que les populations aujourd’hui soient tuées par centaines, y compris dans des zones dites militaires. Donc, aujourd’hui, on remarque que la stratégie du tout militaire, malheureusement, ne fait qu’exacerber les positions et malheureusement n’arrive non seulement pas à endiguer le conflit, mais elle ne met pas aussi les populations au cœur de la réponse, c’est-à-dire que les populations aujourd’hui ne sont pas protégées de manière efficace par la réponse donnée au Sahel que ce soit par les Etats ou que ce soit aussi avec leurs partenaires”, a analysé Abdoulaye Seydou.

Dans cette guerre asymétrique où l’ennemi n’est visible nulle part mais présent partout, il urge que la société civile soit associée à l’élaboration des stratégies de lutte contre les groupes armés, jusqu’ici oeuvre des Etats et leurs partenaires. Abdoulaye Seydou propose par exemple un dialogue avec les groupes armés.

Il faut réfléchir à une stratégie politique de dialogue, véritablement entre les Etats et les groupes qui peuvent être susceptibles à cet état de fait. C’est une crise sous-régionale. Donc, c’est une solution globale. C’est vraiment un dialogue qui doit inclure l’ensemble des parties prenantes non seulement à l’intérieur des Etats, mais aussi au-delà, entre les pays. Les gens viennent, ils commettent des forfaits au Niger et ils trouvent et filent pour aller s’implanter au Mali et vice versa. De toutes les façons, le dialogue est une solution incontournable au retour d’une paix durable au Sahel”, suggère Abdoulaye Seydou.

Mais, il y a un problème qui se pose avec cette proposition. En effet, le Niger indique régulièrement que les terroristes ne sont pas des nationaux. Dans ces conditions, comment les discussions peuvent-elles être menées? “Ils viennent pour commettre des exactions au Niger, analyse Abdoulaye Seydou.  Et certains sont des Nigériens et juste des complices. Donc quand il y a des complicités, cela veut dire qu’il faut travailler à ce que ces complicités cessent”.

Pour le président du REPPAD, la solution que propose le rapport n’est pas inconnue des Etats et de leurs partenaires internationaux. Seulement, “ils ne veulent pas en tenir compte”.

Début janvier, la ministre française laissait entrevoir l’éventualité d’une réduction des effectifs français au Mali. Nous serons très probablement amenés à ajuster ce dispositif : un renfort, par définition, c’est temporaire”, avait confié Florence Parly au Parisien.

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