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Malgré les efforts de l’Etat, le Cameroun présente un taux de pauvreté d’apprentissage de 80%

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Selon la Banque mondiale, ce taux est de 10 % supérieur à celui des enfants de 10 ans ne sachant ni lire ou écrire dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Le pourcentage d’enfants ne sachant ni lire ni comprendre un texte simple à dix ans est de 80% au Cameroun, selon la Banque mondiale. Un taux supérieur de 10 % pour les enfants de cette tranche d’âge dans les pays à revenu faible et intermédiaire où le taux d’enfants incapables de lire et d’écrire un simple texte est de 70 %.

Pourtant le Cameroun fait des progrès vers la scolarisation pour tous, définie par l’ONU comme l’achèvement du cycle d’études primaires. Le taux brut de scolarisation à l’école primaire est de 105,8 %, selon les données du 3e recensement général de la population et de l’habitat.

Le taux net de scolarisation dans l’enseignement primaire est de 75,5 % et de 30,8 % dans l’enseignement secondaire, selon la même source. Le niveau de ces indicateurs met en évidence la difficulté à assurer à tous les enfants d’âge scolaire un enseignement de base.

D’après les statistiques nationales, sur 100 enfants de 6 à 14 ans, 75 sont scolarisés, 11 ont été à l’école, mais ne fréquentent plus et 14 n’ont jamais mis les pieds dans une salle de classe.
Faibles dépenses

« En ce qui concerne les allocations budgétaires, pour l’exercice 2022, avant le collectif budgétaire du 2 juin 2022 qui a du reste revu le budget global de l’État à la hausse, 643,9 milliards de FCFA ont été consacrés aux secteurs de l’éducation de base et des enseignements secondaires, sur une enveloppe nationale initiale chiffrée à 5 752,4 milliards de FCFA, soit 11,19 % de la masse budgétaire destinée aux deux secteurs éducatifs », avait déclaré René Emmanuel Sadi, le ministre camerounais de la Communication, lors d’une conférence tenue récemment.

Un chiffre inférieur aux standards du Partenariat mondial pour l’éducation (GPE, sigle en anglais), qui fixe entre 15 à 20 % du budget, les dépenses que les gouvernements doivent allouer à l’Education. Le GPE indique que si l’aide extérieure peut largement contribuer à combler les déficits de financement, la pérennité des systèmes et des résultats éducatifs dépend des efforts déployés à l’échelon national pour financer l’éducation et garantir la solidité des systèmes de gestion des finances publiques.

Le taux de scolarisation entre filles et garçons est également sujet à problème au Cameroun. En 2020, le taux de scolarisation des filles dans le cycle secondaire était estimé à 43 %. Le Cameroun, avec l’appui de la Banque mondiale, espère le relever à 47,9 % d’ici 2025.

Efforts du gouvernement

Pour renverser la courbe, le Cameroun entend recruter 12 000 instituteurs. L’opération, lancée en 2019, vise notamment à résorber le déficit d’enseignants. Sur la base de la carte scolaire nationale publiée en 2022, le Cameroun compte plus de 14 000 établissements publics et près de 8 000 établissements primaires privés, soit au total plus de 22 000 établissements dans ces différents degrés d’enseignement. Ce qui représente une augmentation de 3 423 écoles en quatre ans.

L’on recensait 18 577 écoles maternelles et primaires en 2018. Pour ce qui est des enseignements secondaires (général et technique), les statistiques officielles montrent que le pays comptait 3 273 établissements en 2021, dont 2 153 dans le public.

Le pays compte également 93 773 enseignants du secondaire émargent au budget de l’État au titre de l’exercice 2022 et 90 845 enseignants dans le secteur de l’éducation de base.

Essama Aloubou




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