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Domingo Té: prêtre, il lutte contre la drogue en Guinée-Bissau

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Premier narco-État africain, c’était le terme qu’utilisaient les Nations-Unies pour qualifier la Guinée-Bissau. Un pays qui occupe une position stratégique vers l’Afrique de l’Ouest. Selon les experts, le pays est devenu une terre fertile aux cartels de la drogue de l’Amérique latine fournissant le marché européen en pleine croissance. Dans le pays, certains acteurs se battent pour mieux arranger l’image du pays. Parmi ceux-ci, figure Domingo Té un prêtre catholique qui s’engagent dans la lutte à sa manière.

Pour mener à bien son combat, Domingo Té a fondé son centre de désintoxication. Ce prêtre de 51 ans a fait le constat de l’absence d’un programme approprié pour aider les jeunes qui ont des problèmes de toxicomanie. L’autre réalité c’est que le seul hôpital psychiatrique du pays, le centre de la Jeunesse de Quinhamel, ne garde pas les patients pendant plus de trois jours.

Plus de 3 800 Bissau-Guinéens qui sont déjà passés dans ce centre luttent contre la toxicomanie. Une vraie urgence selon lui. « C’est une urgence. L’État ne fait rien, alors nous devons le faire », déclare Té. Pour lui c’est un « ordre de Dieu ».

Fils de cultivateurs de riz et de haricots dans les campagnes bissau-guinéennes, il n’avait pas pu aller à l’université quand il était jeune : il n’y en avait tout simplement pas dans le pays à l’époque. Il a passé trois ans à étudier la toxicomanie et la psychiatrie dans un centre de formation technique au Portugal et obtient en fin de compte un diplôme en travail social dans son pays.

Ces connaissances lui sont désormais utiles pour régler les problèmes des jeunes de son pays à travers le conseil et la thérapie de groupe. Le travail de groupe aide les patients qui ont souvent été aliénés de leurs familles et de leurs amis à tisser des liens sociaux. Car pour lui c’est le premier pas vers la réinsertion dans la société. Le centre met également l’accent sur les enseignements chrétiens, avec l’étude de la Bible, la messe et les chants religieux.

« Nous adaptons notre modèle de travail à la réalité ici en Guinée-Bissau », dit-il. Cela signifie un budget très serré : chaque patient doit débourser environ 2,50 dollars par jour, ce qui couvre la nourriture, l’hébergement et les déplacements hospitaliers si nécessaire. Cela signifie également plus de soutien de la part des familles », explique le pasteur.

Té n’est pas un psychiatre, il n’hésite pas à le réaffirmer à chaque fois qu’il a l’occasion. Il accepte des personnes de tous les milieux et de toutes les religions, mais son but est clair : « Je suis pasteur, donc je dois amener les gens à Dieu.»

Et face à la réalité des moyens financiers limités, il se concentre de plus en plus sur la spiritualité, plutôt que de la formation et de l’éducation. Il lance un appel pour financement car, il aimerait ouvrir une salle de classe pour offrir une formation professionnelle en charpenterie, en maçonnerie et en TIC afin de permettre à ses patients de commencer une carrière enrichissante et durable.

Et face à la demande de plus en plus grande dans l’Est du pays, Té projette aussi ouvrir deux ou trois autres centres dans l’Est du pays.




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