Etats-unis: avorter, synonyme de prison à vie ou peine de mort

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Brian Kemp, le gouverneur républicain de Géorgie (Amérique), a signé le mardi 7 mai dernier, la loi «fetal heartbeat» («battement de cœur fœtal») visant à interdire l’avortement après six semaines de grossesse. Cette dernière, la loi HB 481, est la législation anti-avortement la plus extrême du pays. Elle expose à la prison à vie et à la peine de mort celles qui auraient recours illégalement à l’IVG.

La loi HB 481 interdit aux personnels médicals de mettre un terme à une grossesse dès qu’il peut détecter «une activité cardiaque embryonnaire ou fœtale», une chose qui se produit en général à la sixième semaine de grossesse, c’est à dire après deux semaines de retard de règles.

A en croire les notes de cette loi qui rentrera en vigueur à partir du 1er janvier 2020, «les enfants à naître constituent une catégorie de personnes vivantes et distinctes» qui méritent «une personnalité juridique à part entière».

C’est ainsi donc que la loi géorgienne entend «reconnaître les enfants à naître comme des personnes physiques»; pas seulement dans le cadre de l’avortement, mais du point de vue du droit en général.

Cette révision législative radicale est absolument délibérée: la loi confirme que dorénavant les fœtus et embryons « seront inclus dans les résolutions en rapport avec la population » étant donné qu’ils sont légalement des êtres humains et des habitants de l’État de Géorgie.

Toujours selon la loi HB 481, une femme qui cherche à faire interrompre sa grossesse par un professionnel de santé se rendrait complice de meurtre, ce qui est passible d’emprisonnement à vie. Celle par contre dont le comportement (consommation des stupéfiants en étant enceinte) provoquerait une fausse-couche serait coupable d’homicide au second degré (homicide volontaire sans préméditation) et passible de dix à trente ans de détention.