Alexandre Jean-Louis, un entrepreneur aveugle

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AlexandreMonsieur Alexandre Jean-Louis,  est un aveugle âgé de 40 ans. Il est le père d’une famille de deux enfants. Il vit avec une femme qui elle est voyante et ils sont mariés depuis 10 ans.C’est toujours en état aveugle qu’il l’a connu  et sur base de l’amour leur couple tient bon dans un environnement où les divorces sont fréquents pour des raisons de fois dérisoires. Il n’est pas le seul aveugle de Bukavu, mais son cas mérite bien une attention particulière. En effet, il exerce des activités qu’on ne peut pas imaginer un aveugle peut réaliser : le tissage des paniers à partir des cordes plastiques. Il s’agit d’un modèle des paniers qui a été introduit au pays par des organisations non gouvernementales à la fois pour aider les gens à sortir de la pauvreté, mais aussi pour lutter contre la prolifération des sachets plastiques dans la ville de Bukavu.Son cas est aussi une exception parce que une bonne partie de gens de son état sont encadrés dans des associations et du coup vivent au dépens de ces organisations et d’autres personnes. Il bénéficie ainsi d’un peu plus de liberté et n’est pas une charge pour personne. Il se prend en charge.

Monsieur Alexandre Jean-Louis fait cette activité depuis plusieurs années déjà. Il se fit inscrire dans un centre de formation, ça lui prit  temps pour apprendre comme lui ne voyait, mais avec le temps il finit par s’habituer. A l’issue de la formation, il était à même de faire le travail lui-même et aussitôt à il eut le souci de créer une petite unité de production avec ses moyens de bords. Au début beaucoup de gens ne pouvait pas penser qu’il pouvait le faire. En fait, C’est un fastidieux travail qui nécessite une grande attention et une grande précision quand il faut tisser les fils en plastique qu’il s’avère difficile pour quelqu’un qui ne voit pas.

Cependant, en dépitle pessimisme de son entourage, il a démarré une petite unité de fabrication  chez lui bénéficiant alors de l’appui de sa femme et de ses enfants.C’est grâce à leurs épargnes antérieures,qu’il a pu acheter les premiers  matériels. Il a ainsi acheté rouleaux des cordes,  des ciseaux. Et c’est notamment grâce au soutien de sa femme et enfant qu’il a pu démarrer cette activité.  En fait ce sont eux qui lui aident à aller acheter les matériaux. Ne pouvant pas différencier les couleurs, par exemple,  ses enfants lui assistent bien que ça soit c’est lui seul qui fait le lourd travail d’assemblage des cordes !Une fois qu’il achève à fabriquer ces paniers, il part les vendre en ville mais c’est difficile d’y aller comme ses fils étudient et sa femme part très tôt le matin travailler dans une petite organisation encadrant des femmes désœuvrées et ne revienne que dans la soirée. Ainsi, il a loué un guide qui lui fait circuler dans la ville pour vendre ses marchandises à chaque fois il doit aller vendre. Et les gens les lui achètent non seulement parce qu’il est  aveugle, mais aussi parce que ses articles sont de bonne qualité. Les revenus de son travail lui permettent de faire nourrir sa famille et son ménage vit presque au même niveau de vie que bon nombre d’autres ménages de son quartier. D’ailleurs, il vit mieux que beaucoup de gens surtout ceux qui ne travaillent, ni n’entreprennentpréférant atteindre l’emploi soit du gouvernement, soit des ONG ; attitude incompréhensible dans un environnement  où l’Etat crée moins d’emplois et où les ONG ne sont pas à même d’engager toutes ces gens au chômage.

Il faut ajouter à ce sujet que son succès est aussi dû à la complicité de sa femme qui donne aussile meilleur d’elle-même pour leur famille. C’est elle qui fait le marketing pour les œuvres de son mari. Elle cherche des preneurs, intéressent des gens à venir leur acheter ces paniers et beaucoup sont marqués par le travail de qualité que Mr Alexandre Jean-Louis fait. Clémentine, Sa femme a aussi ses propres affaires notamment la coupe et couture. Elle fabrique ainsides plumiers pour dames. C’est à partir des restes des tissus qu’elle les fabrique. Elle les entrecoupe sous formes des plumiers en deux tissus superposés, au milieu de ces derniers, elle place des chiffons de façon à fournir une protection contre les chocs à l’appareil qu’il pourra éventuellement contenir. C’est alors qu’elle y met  une étirette. Son travail est fait avec soin mais elles ne fait pas pour autant de profitent, tellement elle fait face à une concurrence des plumiers qu’on importe. Qu’à cela ne tienne, elle fait des profits et les gens s’intéressent à ses plumiers comme ils sont résistants et dure longtemps que ceux importés, malgré la différence liée au design.Clémentine est travailleuse et trop courageuse. Elle aussi travaille jour et nuit pour coudre ses pochettes, pour fabriquer ses toupies en tissus qu’elle remplit par la suite de coupons pour leur donner une forme.Ces activités elle les faits le soir quand elle rentre de son travail, elle les travaille jusqu’à trop tard dans la nuit et cela tous les jours. Que ça soit les plumiers ou les pochettes, les recettes par unité sont moindre et ça peut décourager beaucoup, mais si on la multiple fois autant de pièces produites, on s’aperçoit vite de grands profits que ces activités génèrent, bien que ça soit au prix d’un laborieux travail. Quand elle et son mari mettent ensemble leurs revenus, ils réalisent assez pour entreprendre différents projets et à subvenir à leurs besoins primaires. Leur plus grande réalisation ces derniers temps est l’acquisition d’une maison à Bukavu, ville où les maisons sont chères pour beaucoup de gens.

Ainsi va sa vie de Monsieur Alexandre. Il ‘est pas un nanti de son quartier,  mais c’est ses enfants n’envient pas beaucoup aux voisins. Avec l’aide de sa femme, Cet  homme courageux et innovateur est toujours motivé par ce souci de donner plus de chance à ses  enfants de progresser dans la vie et à ne pas les savoir misérables parce que leur père est handicapé.

Bienvenu RWIZIBUKA ( RDC )

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