Centrafrique: comment délivrer les enfants traumatisés ?

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Les guerres ont des conséquences sur les enfants. Traumatisés par les scènes de violences, les images de morts, ces tout petits doivent être rapidement accompagnés au risque de voir leur avenir gâché. En Centrafrique, certains ont pensé au dessin pour réussir une telle opération.

Des crayons de couleurs sur les pages blanches, voilà comment sont occupés les enfants déplacés à Kaga Bandoro, dans le nord de la Centrafrique. Cet exercice leur permet de dessiner leur quotidien. Et pas de surprise, les images sont saisissantes : des hommes armés, des chars et du rouge.

L’initiative vient du Comité International de la Croix-Rouge (CICR) qui veut passer par là pour identifier et traiter les enfants atteints de troubles du stress post-traumatique.

Les opérations sont dirigées par Mamie Nouria Meniko, la responsable de programme. Cette psychologue congolaise de 43 ans, analyse les dessins des enfants du camp de déplacés de Lazaré, où s’entassent des familles de la région qui ont fui les exactions de groupes armés.

« Le dessin, aide à exprimer ce que l’enfant a dans sa tête. Il raconte ce qu’il ne peut pas dire de vive voix. Parfois, certains commencent à peine à dessiner qu’ils se mettent à pleurer ».

Les ateliers de dessin représentent un travail d’ampleur à Kaga Bandoro – localité à 330 km au nord de Bangui – qui a connu cinq années de conflit sans véritable répit.

Située dans une zone stratégique, carrefour de transhumance, la ville était depuis 2014 contrôlée uniquement par des groupes armés.

A Kaga Bandoro, les ateliers de dessin ont permis d’identifier 233 enfants, âgés entre 5 et 15 ans, souffrant de troubles de stress post-traumatique.

Problèmes d’attention, comportements agressifs, les symptômes du traumatisme sont des comportements qui restent assez difficiles à comprendre et supporter pour l’entourage des enfants.

La technique du dessin, les échanges avec les enfants et leurs parents permettent de passer un nouveau cap.