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« Jeudi noir au Tchad » : le récit glaçant d’un agent de santé

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Une cinquantaine de personnes tuées et près de 300 autres blessées…Quatre jours après les manifestations meurtrières jeudi dernier dans la capitale tchadienne, l’émotion reste palpable. Le personnel de santé reste également choqué par ce « jeudi noir ».

Dans un récit troublant d’un agent de santé qui a requis l’anonymat, au micro de RFI, jeudi a été une journée qu’il n’oubliera pas de si tôt.

Il était en première ligne pour accueillir une partie des blessés par balle :

Il y a des moments où j’avais envie de pleurer. Mais je me disais, « s’il faut pleurer devant tout le monde, les gens vont être complètement démoralisés » et donc je faisais un effort. Sinon, il y a des fractures… Je dirais qu’il y a des fractures que je n’aurais pas imaginées, je n’imaginais pas qu’une situation pouvait dégénérer de cette sorte.

En plus de l’afflux de blessés, cet agent de santé a dû faire face au manque d’équipement matériel. Il raconte avoir dû opérer un patient à mains nues :

À un moment donné, on n’avait plus de gants. Il y a eu ce cas qui m’a obligé à mettre la main. J’ai pesé le pour et le contre, et c’est vrai que j’étais déjà exposé. Mais le gars, on a failli le perdre, il avait une fracture au niveau de la jambe qui a traversé un gros vaisseau. Là, il n’y avait pas de gants. J’ai ramassé des bandes de gaz pour faire le pansement et je me suis retrouvé la main baignant de sang. Je n’avais pas le choix.

Face à l’urgence de la situation, souligne RFI, plusieurs blessés ont été pris en charge devant leurs proches.

L’hôpital était noir de monde, un attroupement qui a attiré l’attention des forces de l’ordre, qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène.




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