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La Fédération tunisienne de football, un État dans l’État

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Depuis l’annonce de Tarek Bouchamaoui de vouloir être candidat à la présidence de la Confédération africaine de football, Wadii Jarii tente de lui barrer la route. Envers et contre l’avis du ministère tunisien des Sports.

Le jeudi 15 octobre, Tarek Bouchamaoui affirmait avoir officiellement demandé à la Fédération tunisienne de football de soutenir sa candidature à la présidence de la CAF. Un courrier resté lettre morte… Dans les médias, un membre de la FTF a en effet affirmé que le candidat tunisien pour ce scrutin continental serait Wadii Jarii. Et ce, même si l’homme d’affaires a obtenu le soutien du ministre tunisien des Sports, Kamel Deguiche. Un choix qui pose question : là où Tarek Bouchamaoui était une réelle opportunité pour la Tunisie de prendre les rênes d’une CAF qui échappe à l’Afrique du Nord depuis sa création, Wadii Jarii a préféré miser sur ses ambitions personnelles… et sur son alliance avec Ahmad Ahmad, actuel président de l’institution et empêtré dans de nombreuses affaires.

Un acte de soumission à Ahmad Ahmad

Car c’est bien de cela dont il s’agit : Wadii Jarii ne compte pas briguer la présidence de la CAF mais espère simplement une place de consolation au bureau exécutif. Un poste accessible à n’importe quel candidat qui ferait acte de fidélité au président de la CAF. L’objectif de la manœuvre était de barrer la route à un concurrent sérieux à Ahmad Ahmad. Reste qu’en coulisses, le patron de la FIFA, Gianni Infantino, aurait d’autres plans et compterait pousser Ahmad Ahmad vers la sortie en appuyant sur ses affaires. Un comble, l’Italien étant lui aussi dans le viseur de la justice helvétique pour des soupçons de collusion avec un procureur dans une affaire de corruption. Le président de la FIFA aurait même déjà choisi son candidat qui, grâce au blocage de Bouchamaoui par Jarii, risque de se retrouver seul en lice. Comme à son habitude, les présidents de fédérations africaines se couchent donc pour servir les intérêts d’une CAF sous tutelle. La « colonisation footballistique » de la FIFA n’a plus de limite, elle qui va jusqu’à protéger les présidents de fédérations pour mieux les manipuler.

Un choix contre l’intérêt de la Tunisie

Et Wadii Jarii, lui, a plus à perdre qu’à gagner : en quête de reconnaissance, au point de se faire proposer comme candidat à la primature par le parti Tahya Tounes en juillet dernier après avoir été le « poulain » du parti islamiste Ennahdha, le président de la FTF a préféré faire un choix de carrière personnel plutôt que de défendre son drapeau national. Le 12 mars prochain, jour du vote pour le président de la CAF, l’heure sera aux comptes. Sans aucune dimension continentale et ciblé par des enquêtes concernant des affaires extra-sportives, Wadii Jarii est de plus en plus décrié en Tunisie. Les dirigeants du CS Chebba ont d’ailleurs demandé un audit de la très opaque FTF, provoquant ainsi la colère du président Jarii qui a tout simplement décidé de façon arbitraire de geler les activités du club. Quitte à provoquer des émeutes dans la ville sahélienne. La Fédération tunisienne, quant à elle, est critiquée pour des soupçons de corruption et pour sa gestion autoritaire de la part de Jarii.

L’incompétence du gouvernement tunisien

Dans la course à la présidence de la CAF, la soumission de Wadii Jarii à Ahmad Ahmad et à la FIFA risque d’annihiler une chance unique pour la Tunisie de rayonner au niveau africain mais aussi de redonner à la CAF la souveraineté qu’elle a perdue. Tarek Bouchamaoui promettait un nettoyage en profondeur de l’institution. Au-dessus de tout soupçon, de par son parcours et sa personnalité, il aurait pu travailler sur la corruption qui gangrène la CAF et redonner ses lettres de noblesse à la Confédération. En lui refusant sa candidature, la Fédération tunisienne de football agit comme un Etat dans l’Etat. Elle relève également l’incompétence et l’inconscience du gouvernement tunisien, qui avait enfin l’opportunité de replacer la Tunisie au centre de l’Afrique.

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