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TOPSHOT - Protesters block roads and hurl rocks in Conakry on July 28, 2022, after authorities prevented supporters of the opposition party, National Front for the Defence of the Constitution (FNDC), from gathering in the streets for a peaceful march. (Photo by CELLOU BINANI / AFP)

Afrique : plus de 200 morts dans des manifestations en quelques jours

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Si au Tchad et en Guinée Conakry, les manifestants tués et blessés demandent le départ du pouvoir des militaires; au Soudan du Sud, ce sont les affrontements entre communautés au Nil Bleu, dans le sud  du pays qui ont causé plusieurs morts. L’Afrique saigne. En deux jours seulement le continent a enregistré au moins 200 morts et plus de 300 blessés.

Au Soudan du Sud, au moins 150 personnes ont été tuées entre mercredi 19  et jeudi 20 octobre dans des affrontements intercommunautaires dans le Nil Bleu. Selon le politologue soudanais, ces  affrontements sont la conséquence de la mauvaise gestion des richesses du pays par le gouvernement.  

« Un employé de Médecins sans frontières sur place décrit une situation chaotique et des hôpitaux débordés. De nombreux blessés par balles et par coups de couteaux. Mais surtout, des rescapés carbonisés par les flammes. Après que les hommes ont été abattus à l’arme lourde, des pâtés de maisons entiers ont été réduits en cendre. Ils abritaient principalement femmes et enfants qui s’y étaient réfugié », indique RFI.

C’est depuis le mois de juillet, que la tension règne dans cette région. Les Haoussas revendiquent le droit de posséder des terres. Les autres tribus s’y opposent et considèrent que les Haoussas ont été privilégiés sous le régime d’Omar el-Béchir. Entre juillet et octobre 149 personnes ont été tuées, des centaines blessées enregistrés et 65 000 déplacées dans l’État du Nil bleu, selon l’ONU sans compter les statistiques de ce mercredi et jeudi.

Tchad

Au Tchad où le contexte est légèrement différent, l’on dénombre  au moins 70 morts et plus de 300 blessés selon l’opposant Succès Masra. Ces morts ont été enregistrés lors de manifestations organisées par l’opposition pour protester contre le maintien à la tête de la transition du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno.

Les manifestations au Tchad ont été appelées alors que le pays vient d’organiser « le dialogue national inclusif et souverain ». Ce dialogue a  décidé, entre autres, que la transition au pouvoir depuis 18 mois soit prolongée de deux ans, et que  les dirigeants de la transition puissent être candidats aux prochaines élections, qui devraient se tenir en 2024. Des conclusions rejetées par l’opposition, dont le Parti socialiste sans frontières, les Transformateurs et la coalition Wakit Tama, qui ont appelé à manifester à la date marquant la fin de 18 mois de transition décrétée après la mort du maréchal Idris Déby Itno en avril 202.

S’il n’y a pas eu de morts en Guinée Conakry, l’on déplore tout de même de nombreux blessés. Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) qui  dénonce la gestion de la transition par la junte au pouvoir, a appelé à manifester jeudi dernier. Des heurts entre la police et les manifestants ont fait plusieurs victimes.  Selon le procureur général près de la cour d’appel de Conakry, « il résulte du bilan provisoire de cette manifestation violente : 9 véhicules de la gendarmerie endommagés, 4 blessés, dont 3 graves dans les rangs de la gendarmerie, 2 blessés grave dans les rangs de la police et de nombreux véhicules endommagés , 2 civils blessés dont un cas grave, a détaillé Yamoussa Conté. Par ailleurs, il est à noter que plus d’une vingtaine d’interpellations ont été enregistrés par les services de maintien d’ordre ».

 Pour plus de démocratie

Des images qui laissent voir une Afrique qui résout ses problèmes par la force, sous le regard impuissant de l’Union Africaine. L’on craint d’ailleurs qu’avec la situation actuelle, que l’on retourne aux années 80. Car au moins 5 pays en Afrique ont été frappés par une série de coups d’État qui menacent de la ramener à l’ère des régimes militaires. Le Burkina Faso, le Tchad, la Guinée, le Soudan et le Mali ont tous vu leur gouvernement renversé et remplacé par une junte militaire. Si l’Union Africaine et l’ONU ne prennent pas leurs responsabilités pour imposer la démocratie dans ces pays, il faudra s’attendre à plus de morts encore dans les jours à venir.

Essama Aloubou




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